Chapitre 7

7. Retour au château

Deux ans plus tard, Mme de Montespan sortit de prison. Sitôt qu'on l'eut poussée dans la rue, elle courut jusqu'au palais. Elle se rendit auprès du roi, qui ne la reconnut pas. En effet, depuis son séjour à la Bastille, son visage s'était creusé et des cernes monstrueuses lui soulignaient les yeux.
- Qui êtes-vous, Madame ? lui demanda le roi. .
- Votre Majesté, ne me reconnaissez-vous pas ? Je suis votre favorite, enfin, Athénaïs de Montespan !
- Athénaïs ? Est-ce bien vous ?
- Oui , Votre Majesté. Comme je suis heureuse de vous retrouver !
- Comment osez-vous revenir ici ? Après ce que vous avez fait ? Peut-être est-ce parce que votre époux est décédé et que vous êtes à présent seule ?
- Non, Votre Majesté, je vous prie de m'écouter. Jamais je ne me suis mariée, je vous suis toujours restée fidèle, croyez-moi !
- Est-ce ainsi que vous me le montrez ? En vous mariant avec un autre ? Peut-être que le rang de favorite du roi de France ne vous suffisait pas, pour parfaire votre gloire vous fallait-il aussi être reine des Indes !
- Je vous prie de m'écouter, Votre Majesté ! Je vous le répète, je ne me suis pas mariée ! J'étais à la Bastille, je vous le jure. Consultez les registres, vérifiez ! Vous y trouverez mon nom !
- J'ai assez entendu vos mensonges, Athénaïs. Je découvre à présent votre vrai visage, et je suis certain qu'avec quelque ruse vous avez réussi à faire inscrire votre nom sur mes archives.
- Votre Majesté, je vous en prie, ne croyez pas ce que cette perfide Mme de Maintenon vous a raconté ! Elle cherchait à m' éloigner du trône pour prendre ma place, pour devenir à la fois reine et favorite !
- Comment osez-vous l'insulter ? Elle m'est toujours resté fidèle, contrairement à vous qui avez épousé un indien ! Vous souillez le château par votre présence. Vous m'avez trahi et vous serez punie comme il est juste que l'on punisse les traîtres. Gardes ! Emmenez-la au cachot , pressez.
- Votre Majesté, Votre Grandeur, je vous en prie, souvenez-vous de l'heureux temps, lorsque nous étions enfants, et que nous jouions ! Souvenez-vous de ces nombreuses années où je suis restée auprès de vous !
- Et vous, souvenez-vous que vous m'avez trahi. Athénaïs, il ne sert à rien de tenter de me convaincre. Vous serez brûlée demain . Adieu.
- Non ! NON ! LOUIS ! Attendez, arrêtez-vous, je vais m'expliquer, tout va s'arranger et...
Mais le roi ne l'écoutait déjà plus. Il quitta la pièce sans lui accorder un regard . Mme de Montespan s'effondra à terre, évanouie, et les gardes la portèrent au cachot « temporaire ».
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# Posté le mercredi 31 mai 2006 09:14

Chapitre 8

8. Le bûcher

Le lendemain matin, lorsqu'elle se réveilla, Mme de Montespan ne sut pas où elle était. Elle s'approcha des murs de la prison et tenta de desceller des barreaux.
- Sers à rien, ma p'tite dame, sont bien scellés... Vous les ferez pas bouger d'un pouce ! , lui dit un homme répugnant depuis la cellule voisine.
- Où sommes-nous ?, lui demanda Mme de Montespan froidement, choquée par l'allure du pauvre homme.
Elle remarqua soudain qu'elle était vêtue d'une robe crasseuse qui avait été blanche
« A l'époque où je vivais au château, je m'en serais fait des chiffons, et à présent j'en porte ! », pensa-t-elle.
- Sommes au cachot temporaire, ici. C'est comme ça qu'on l'appelle, nous les paysans, parce qu'on y reste jamais longtemps. Ici, les prisonniers se font exécuter dans la semaine qui suit leur arrivée . Mais en fait, c'est quoi votre petit nom ?
- Je suis Mme de Montespan, l'ex-favorite du roi, lui répondit-elle.
- Eh ben ça alors ! J'l' aurai jamais cru ! C'est bien vous ? Je suppose que vous me reconnaissez pas, mais je faisais parti des gardes qui vous ont emmenés à la Bastille. Fichtre ! Cette saleté de prison vous a bien changé !
- En effet. Savez-vous à quelle heure est la prochaine exécution ?
- Je n'ai pas de montre. Mais je sais comment me repérer. Là, vous voyez, par cette fenêtre ? Quand les rayons du soleil nous empêchent de le regarder par sa luminosité, c'est l'heure où ils viennent.
- Où ils viennent ? Mais qui ?
- Le bourreau, pardi ! Accompagné d'une bonne poignée de gardes ! Ah, ça, vous risquez pas de leur échapper !
- Mais vous , pourquoi êtes-vous ici ?
- Pour une raison éc½urante. Voyez-vous, un soir , accompagné de l'un de mes amis, j' ai volé une bouteille de vin destinée au roi.
- Est-ce pour cela que l'on vous a enfermé ?
- Oui ! Ah, madame, vous vous imaginez comme c'est rageant pour moi ! Et puis, oui, je trouve cela injuste. Les traîtres et les voleurs sont tués tandis que les assassins vont à la Bastille. Où est l'ordre de priorité ?
- Ecoutez-moi bien : Premièrement, la plupart des gens de la noblesse préfèrent mourir que d'être enfermé, afin de préserver leur honneur. Deuxièmement, entre être enfermé à perpétuité et mourir en prison où mourir tout court, il n'existe pas de grande différence. Troisièmement, ..., commença Mme de Montespan, mais elle ne finit pas sa phrase.
Un homme tout habillé de noir suivi de cinq ou six gardes s'avançait dans le couloir. Il s'approcha de la porte de la cellule de la marquise et la déverrouilla. Mme de Montespan recula tout au fond de la pièce et tenta d'échapper aux gardes, mais ils l'immobilisèrent. Elle tenta de se libérer, mais ils la retenaient fermement. Elle hurla espérant qu'on lui viendrait en aide, mais les murs du cachot étaient si épais que personne ne pouvait entendre. Les gardes la poussèrent le long du couloir jusqu'à la sortie, puis ils traversèrent la foule , en tenant Mme de Montespan d'un main d'acier. Elle ne pouvait rien faire.
Ils lui firent monter les marches de l'estrade et l'attachèrent au poteau central. Le juge annonça les charges :
- Madame la marquise Athénaïs de Montespan, nous vous accusons d'avoir trahi votre roi pour un autre homme que lui. Il n'y a qu'un seul sort pour les traîtres, et c'est la mort. Vous pouvez faire vos adieux à la foule !
Elle la parcourut du regard. Lorsqu'il se posa sur Mme de Maintenon, celle-ci lui fit signe qu'elle lui pardonnait tout. Elle se décida donc à prendre la parole.
- Je ...avant de mourir, je voudrais m'excuser d'avoir causé la mort de Mr Bilboquet...
Un murmure parcourut la foule.
- ...Et d'avoir tenté de causer celle de Mme de Maintenon. Voilà... Je l'avoue puisqu'il en est ainsi et que plus rien ne peut me sauver des flammes. Mais... je voudrais tout de même que notre roi sache que je ne l'ai pas trahi. Et je pardonne à Mme de Maintenon de l'avoir prétexté. Aussi, si vous me croyez, ce dont je doute fort, je vous demande de ne pas la punir. Votre Majesté, vous aurez la preuve de mon séjour à la Bastille dans les archives concernant la cellule 271. Oui, j'ai empoisonné, j'ai tué, mais je ne vous ai pas trahi, votre Majesté, je vous suis toujours resté fidèle, je vous le jure. Après tout, peut-être vaut-il mieux pour moi que meure et que je me refasse une vie, là-haut, où je ne serai pas une criminelle. Alors je pars heureuse. Mais écoutez-moi tous. Ne soyez plus jamais jaloux. C'est ce qui m'a fait rater ma vie, ce qui m'a rendu tueuse. C'est ce qui va me tuer : la jalousie. Adieu, vous tous, paysans et nobles. Adieu, Mme de Maintenon. Et adieu votre majesté.
Elle fit le signe de la croix. Nombre de personnes rassemblées autour du bûcher pleuraient. Une trompette sonna et l'on fit rouler les tambours. Le bourreau s'approcha de l'estrade. Il se pencha en brandissant sa torche, lorsque le roi l'arrêta.
- Arrêtez !Arrêtez ! , dit-il. Athénaïs, avant de vous voir quitter ce monde, je voudrais vous dire que je vous pardonne tous vos péchés. Vous venez de tenir là un discours digne d'une reine et je vous en félicite. Adieu, Athénaïs. Soyez heureuse au ciel.
Heureuse, Mme de Montespan ferma les yeux ,pour ne plus jamais les rouvrir. Les bourreaux enflammèrent le bois qui jonchait le sol à ses pieds puis ils se reculèrent.
Mme de Montespan se consuma lentement, et la dernière image que l'on eut d'elle fut celle d'une femme heureuse qui partait soulagée au paradis.


FIN
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# Posté le mercredi 31 mai 2006 09:19

Modifié le jeudi 01 juin 2006 13:03

Commentaires :

Commentaires :
Qu'avez vous pensé de cette histoire ?
Quelle note sur 10 lui mettriez-vous ?



Arsenic à la Cour du Roi Soleil
Auteur : Célia
Âge où la nouvelle a été écrite : 12 ans

# Posté le mercredi 31 mai 2006 09:22

Modifié le jeudi 01 juin 2006 13:35

L'enfant de la pluie

L'enfant de la pluie
Titre : L'enfant de la pluie
Auteur : Eahya
Âge où la nouvelle a été écrite : 16 ans
Adresse email et MSN : eahya@hotmail.fr
Département : 60 (Oise)

Blogs :
Perso : eahya.skyblog.com

Commentaire : une trés belle histoire trés bien écrite, malgré quelques fautes d'orthographes, mais ça n'est pas grave, elles sont sans importance !!! En tout cas, vous en jugerez par vous-même, mais je ne trouve que c'est une histoire prenante et vraiment trés belle !!!

# Posté le jeudi 01 juin 2006 12:39

Modifié le jeudi 29 juin 2006 09:08

Prologue

Prologue

C'était la nuit, il pleuvait a torrent des trombes d'eau venant blessées les feuilles des Hêtres et des Chênes rougit par l'Automne. Le tonnerre retentissait dans l'obscurité automnale de la forêt du monde de Valéria. Non loin de là, une petite grotte apparaît entre les éclairs. Des silhouettes apparaissent elles aussi. Des cris retentirent.
La nuit se passa calmement parmi ce déchaînement météorologique. Un aigle planait au dessus de la forêt, étalant ses deux majestueuses ailes. Il s'approcha de la grotte et il y pénétra pour en ressortir charger d'une sorte de paquet dans un linge blanc entre ses serres. Volant encore et encore pendant des heures et des heures sortant de la forêt de Valéria et dépassa les Pics de la Blanche Colombe pour finir arrivé a de vastes étendu de prairie ou une rivière coulait. Il tournoya autour d'un petit bosquet qui abritait cette rivière. Il y descendit et déposa le linge blanc sur un rocher. Des pleurs en ressortirent. Une femme sortit à son tour de l'eau et ne parut même pas trempée. Des petits êtres tel que des fées et satyres se montrèrent et s'agglutinèrent auprès du linge blanc. La femme sortie de l'eau était somptueuse. Ses cheveux émeraude touchant terre, balayant le sol, contenant des fleurs parmi cette crinière couleur océan. Sa peau si blanche, satinée reflétait le calme et la tolérance. Sa grande taille svelte et attrayante était habillée d'une longue robe blanche pur. Et son visage fin et ses yeux bleu azur regardait le linge blanc dont des gazouillis s'en échappes. Elle sen approcha et le pris dans ses bras. Entrouvrant ce linge on aperçut un petit visage rond avec de magnifique yeux azur et une bouche fine qui souriait a la déesse Ondine qui la tenait. L'enfant lui attrapa le doigt et commença à jouer avec comme avec un hochet. Gardant l'enfant dans ses bras la déesse retourna à l'eau et l'emmena en son royaume aquatique.
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# Posté le jeudi 01 juin 2006 12:54