1.Mme de Maintenon
Un jour de janvier, tandis que le froid glacial de l'hiver s'infiltrait partout dans le château, le roi, assis sur son trône, s'ennuyait fortement.
- Mr de Valvert ! s'exclama-t-il. Faites venir mon épouse !
Après une courte révérence, le valet s'exécuta. Louis XIV soupira, dans une attitude peu royale. Il repensa à la partie de chasse qu'il avait fait le jour précédent, et il se renfrogna . Comment lui , le grand monarque, avait-il pu rater trois perdrix ? Quelle honte ! « Je finirai bien par mourir des moqueries discrètes que l'on s'amuse à me faire à la Cour », pensa-t-il. « Tous croient que je ne devine rien de leurs insinuations ; mais me prennent-ils donc à ce point pour un idiot ? Dés demain, je ferai enfermer tous ceux qui rient de moi. J'en donne ma parole ! »
A ce moment, le valet, Mr de Valvert, fit irruption dans la pièce. Il était suivi par une jeune femme blonde d'allure assez vive. Elle fit un grand sourire au roi et s'approcha de lui.
- Votre Majesté, dit-elle en donnant sa main à baiser. Je suis porteuse d'un message à votre attention.
- Eh bien , faîtes-le moi entendre, madame. Qui donc me l'envoie ?
- Il s'agit de l'artisan Bilboquet, Sire. Il voudrait venir vous présenter sa nouvelle invention, un jouet destiné à amuser les enfants.
- Où donc se trouve-t-il ?
- Dans son logis, quelques bâtisses plus loin.
- Très bien. Mr de Valvert , faîtes porter à Mr Bilboquet la nouvelle que le roi l'attend dés à présent.
Le valet quitta la pièce pour la seconde fois . D'un geste, le roi invita Mme de Maintenon à s'asseoir. Elle regarda la cheminée centrale et examina ses motifs. Un lierre sculpté partant au bas de chaque côté remontait vers le haut . Là, les deux plantes grimpantes se rejoignaient en formant un lys. Mais malgré la splendeur de cette cheminée-là, nous sommes d'accord sur un point : une cheminée demeure bien plus belle si un feu brûle en son intérieur. Or, cette cheminée-là était vide. Ni bûche ni bois n'étaient visibles .
Mme de Maintenon grelotta.
- Sire, quand donc demanderez-vous à faire livrer du bois ? Toutes les cheminées du château sont vides, et cela depuis plus d'un mois !
- Je le sais bien, madame, car je souffre moi aussi du manque de chaleur dans ce château. Mais nos caisses sont vides, et je commence dés maintenant à garder quelques sequins pour le bal de printemps.
- Déjà ? Mais il se situe dans près de quatre mois ! Et puis, est-ce donc si important ?Est-ce-là une priorité ?
- Madame, permettez-moi de vous dire que vous n'entendez rien à ceci. Voyez-vous, en tant que roi, je me dois d'accomplir certains devoirs.
- Et le bal de printemps en fait partie, je suppose ?
- Effectivement. Je ne peux pas me permettre de négliger cette grande fête. Avant même que j'ai décidé de l'organiser, on m'envoie des musiciens et troubadours de tous les pays étrangers ! Non, vraiment madame, je ne dois pas l'oublier.
-Soit, faîtes comme bon vous semble, Sire, soupira la marquise, résignée.
A ce moment, Mr de Valvert poussa la porte de la salle du trône.
- Sire, dit-il en s'inclinant, Monsieur de Bilboquet est ...indisponible.
- Pourquoi donc m'a-t-il dit qu'il me rendrait visite, alors ? Je vais aller lui en souffler deux mots, dit le roi en se levant.
- Sire, Mr Bilboquet n'est pas venu car son état ne le lui permet pas, voilà tout .
- Comment cela ? fit le roi.
- Sire, Mr Bilboquet a été empoisonné.
- Il... Qui ? Bilboquet ?En êtes-vous certain ?
- Oui. Le docteur présent là-bas l'a interrogé, il dit avoir eu des maux de ventre juste après avoir pris son chocolat. .
- S' il a été interrogé, comme vous dites, cela veut dire qu'il n'est donc pas mort ? se renseigna Mme de Maintenon.
- Non, mais le médecin ne lui donne que quelques jours.
- Seigneur ! dit Mme de Maintenon qui blanchissait d'instant en instant. Je vais aller me reposer, Sire. Vous m'excuserez, je l'espère.
- Je compte sur vous pour le dîner de demain, Madame.
- Bien entendu, Sire. A demain, donc !
Le roi, suivant son exemple lui aussi quitta la pièce.
Un jour de janvier, tandis que le froid glacial de l'hiver s'infiltrait partout dans le château, le roi, assis sur son trône, s'ennuyait fortement.
- Mr de Valvert ! s'exclama-t-il. Faites venir mon épouse !
Après une courte révérence, le valet s'exécuta. Louis XIV soupira, dans une attitude peu royale. Il repensa à la partie de chasse qu'il avait fait le jour précédent, et il se renfrogna . Comment lui , le grand monarque, avait-il pu rater trois perdrix ? Quelle honte ! « Je finirai bien par mourir des moqueries discrètes que l'on s'amuse à me faire à la Cour », pensa-t-il. « Tous croient que je ne devine rien de leurs insinuations ; mais me prennent-ils donc à ce point pour un idiot ? Dés demain, je ferai enfermer tous ceux qui rient de moi. J'en donne ma parole ! »
A ce moment, le valet, Mr de Valvert, fit irruption dans la pièce. Il était suivi par une jeune femme blonde d'allure assez vive. Elle fit un grand sourire au roi et s'approcha de lui.
- Votre Majesté, dit-elle en donnant sa main à baiser. Je suis porteuse d'un message à votre attention.
- Eh bien , faîtes-le moi entendre, madame. Qui donc me l'envoie ?
- Il s'agit de l'artisan Bilboquet, Sire. Il voudrait venir vous présenter sa nouvelle invention, un jouet destiné à amuser les enfants.
- Où donc se trouve-t-il ?
- Dans son logis, quelques bâtisses plus loin.
- Très bien. Mr de Valvert , faîtes porter à Mr Bilboquet la nouvelle que le roi l'attend dés à présent.
Le valet quitta la pièce pour la seconde fois . D'un geste, le roi invita Mme de Maintenon à s'asseoir. Elle regarda la cheminée centrale et examina ses motifs. Un lierre sculpté partant au bas de chaque côté remontait vers le haut . Là, les deux plantes grimpantes se rejoignaient en formant un lys. Mais malgré la splendeur de cette cheminée-là, nous sommes d'accord sur un point : une cheminée demeure bien plus belle si un feu brûle en son intérieur. Or, cette cheminée-là était vide. Ni bûche ni bois n'étaient visibles .
Mme de Maintenon grelotta.
- Sire, quand donc demanderez-vous à faire livrer du bois ? Toutes les cheminées du château sont vides, et cela depuis plus d'un mois !
- Je le sais bien, madame, car je souffre moi aussi du manque de chaleur dans ce château. Mais nos caisses sont vides, et je commence dés maintenant à garder quelques sequins pour le bal de printemps.
- Déjà ? Mais il se situe dans près de quatre mois ! Et puis, est-ce donc si important ?Est-ce-là une priorité ?
- Madame, permettez-moi de vous dire que vous n'entendez rien à ceci. Voyez-vous, en tant que roi, je me dois d'accomplir certains devoirs.
- Et le bal de printemps en fait partie, je suppose ?
- Effectivement. Je ne peux pas me permettre de négliger cette grande fête. Avant même que j'ai décidé de l'organiser, on m'envoie des musiciens et troubadours de tous les pays étrangers ! Non, vraiment madame, je ne dois pas l'oublier.
-Soit, faîtes comme bon vous semble, Sire, soupira la marquise, résignée.
A ce moment, Mr de Valvert poussa la porte de la salle du trône.
- Sire, dit-il en s'inclinant, Monsieur de Bilboquet est ...indisponible.
- Pourquoi donc m'a-t-il dit qu'il me rendrait visite, alors ? Je vais aller lui en souffler deux mots, dit le roi en se levant.
- Sire, Mr Bilboquet n'est pas venu car son état ne le lui permet pas, voilà tout .
- Comment cela ? fit le roi.
- Sire, Mr Bilboquet a été empoisonné.
- Il... Qui ? Bilboquet ?En êtes-vous certain ?
- Oui. Le docteur présent là-bas l'a interrogé, il dit avoir eu des maux de ventre juste après avoir pris son chocolat. .
- S' il a été interrogé, comme vous dites, cela veut dire qu'il n'est donc pas mort ? se renseigna Mme de Maintenon.
- Non, mais le médecin ne lui donne que quelques jours.
- Seigneur ! dit Mme de Maintenon qui blanchissait d'instant en instant. Je vais aller me reposer, Sire. Vous m'excuserez, je l'espère.
- Je compte sur vous pour le dîner de demain, Madame.
- Bien entendu, Sire. A demain, donc !
Le roi, suivant son exemple lui aussi quitta la pièce.